L’Épave – Pas à pas

Même si, dans l’air du temps j’hume avec bonheur cette sensibilisation vertueuse à protéger la nature des souillures engendrées par l’homme. Il reste encore, les cimetières de bateaux, ces lieux de fin de vie pour cette flotte de la mer, témoins oubliés du temps qui passe. Ballotés par le flot des marées qui les déshabillent jusqu’au squelette. Immobiles, ancrés dans la vase, ils résistent et sont là jusqu’au dernier clou.
Un lieu qui à chaque fois ne me laisse pas indifférent, c’est toujours pour moi très émouvant de circuler au milieu de ses carcasses fantômes. Je suis seul et porté par mon imaginaire, j’essaie de réinventer sous un soleil radieux ou dans la tempête le parcours de ces courageuses embarcations.

- feuille de papier arches Lanaquarelle gr grain fin 31 X 41 cm tendue sur contreplaqué ou bloc collé 4 côtés, aquarelle de 28,5 X 19, 5 cm encadrée 30 X 40 cm
- pinceau Raphaël 8404, 8402 n°6 et n°3
- pinceau plat synthétique
- porte mines HB
- gomme
- gomme crêpe
- pinceau usagé
- porte-plume
- drawing-gum
- papier essuie tout
- scotch Magic
- 2 récipients d'eau

- jaune de Naples
- jaune citron
- rose opéra
- rose permanent
- violet de cobalt foncé
- terre de sienne naturelle
- orange transparent
- indigo
- or vert
- vert de mai
- vert de vessie
- vert phtalo
- terre d’ombre brûlée
- sépia
- terre d’ombre naturelle
- bleu de cobalt
- bleu winsor nuance vert
- bleu d’indanthrène
- bleu outremer
- gris de payne

Photo d’inspiration

 

Étape 1 : Dessin et drawing-gum.

Étape 2 : Technique
Je vous fais voir ici pour effectuer la pose du drawing-gum. Pour les traits fins, un porte-plume, toujours du côté que vient la lumière de l’aquarelle de mon trait. En fait je laisse toujours le trait de crayon sans DG, il sera dans l’ombre.
Pour les surfaces plus grandes, un vieux pinceau d’écolier, ainsi je n’abime pas mon papier, vous voyez aussi un récipient d’eau dans lequel je trempe le pinceau très souvent en alternance sans attendre que le DG ne durcisse sur celui-ci, ainsi je sauve le pinceau il ne me reste de le savonner à la fin de l’opération.

 

Étape 3 : La mer et le lointain
Après avoir retourné le sens de ma feuille pour plus de précision et humecté toute la partie haute de celle-ci je pose en premier un lavis pour la mer et le fond composé de bleu de cobalt touche de rose opéra et bleu winsor nuance vert.
Je commence par le bas pour aller en diminuant la saturation vers le haut.
Dans l’humide, je glisse une touche de terre d’ombre brûlée côté gauche au pied de l’épave et une touche de terre de sienne naturelle à droite


 

Étape 4 : Le lointain
Avec le même mélange que le ciel violacé, dont je ne me suis pas séparé, je reviens créer le lointain, j’ajoute dans l’humide une touche de bleu d’indantrhène et de jaune citron.

 

Étape 5 : Les arbres du fond
J’humecte l’ensemble de la zone de droite et je pose un lavis d’or vert de jaune citron puis dans l’humide par touche un lavis composé de 3 couleurs gris de payne, terre de sienne naturelle et touche d’indigo.


 

Étape 6 : Ondulations sur la mer
Avec le bleu du ciel plus un peu de bleu d’indantrhène, je donne des touches dont j’estompe les bord à l’eau clair aussitôt pour former ces ondulations du premier plan.

 

Étape 7 : Retrait du drawing-gum sur l’épave (gomme crêpe)
(La formule ancienne de fabrication est revenue chez Pébéo, je la retrouve très bien, je note tout de même sa tendance très légère à bleuter le papier, par contre il s’enlève comme un élastique parfaitement).

 

Étape 8 : l’épave côté gauche et la plage
Je commence par la proue en posant un lavis d’or vert, dans lequel j’ajoute du sépia.
Ensuite je fais la même chose sur l’ossature bois restante, à l’or vert j’ajoute du vert de mai par touches, de l’orange transparent, de la garance brune puis du violet de cobalt foncé.
Je fais attention de ne pas trop foncer la zone pour ne pas perdre la mousse verte qui donne la lumière.
Tout en continuant j’ai dû poser une touche de bleu outremer puis j’ai continué la plage avec un lavis de terre de sienne naturelle des touches dans l’humide de violet de cobalt foncé et pour simuler des algues, du vert de vessie.


 

Étape 9 : Lavis lumière
Je profite du lavis terre de sienne naturelle violacé pour faire un premier lavis clair sur l’ossature bois, ce sera ma lumière.

 

Étape 10 : Lames de bois
À l’aide d’un pinceau plus fin chargé d’un mélange de sépia et d’indigo, je commence à délimiter sans trop de précision les lames de bois.

 

Étape 11 : Frottis pour la mousse
Je reprends cette fois avec mon pinceau n°6 essoré une charge plus pâteuse de vert de mai et d’orange pour réaliser un frottis. La réussite de celui-ci se fait par le peu d’eau sur le pinceau et son passage presque à plat sur le papier.

 

Étape 12 : Glacis plus foncé
Je fabrique à nouveau le mélange d’indigo et de sépia avec des touches de violet pour réaliser un glacis sur la proue et les membrures qui sont au sol côté droit de l’épave en faisant bien attention de laisser la lumière de mon premier lavis par endroit pour former les membrures.


 

Étape 13 : Ombre au sol
A l’aide d’un violet, je réalise l’ombre.

 

Étape 14 : Drawing-gum et cailloux
Après avoir ôté l’intégralité du drawing-gum sur mon aquarelle.
Avec un pinceau synthétique j’ouvre de nouveaux blancs par places.
Pour faire un caillou : un peu de terre de sienne naturelle côté lumière sans trop d’eau puis de suite un sépia pour monter la gamme puis un mélange d’indigo et de sépia pour le côté foncé, enfin j’ai préparé un violet avec du bleu de cobalt et du rose permanent et sans attendre je le pose au bord du côté le plus sombre pour qu’il se mélange et je tire l’ombre violette.


 

Étape 15 : Poulie rouillée
Une touche d’orange transparent suivie d’une touche de garance brune.

 

Étape 16 : Frottis de orange
Idem que pour l’étape 11 suivant notre goût.

 

Étape 17 : Bateaux du lointain
Un léger indigo suivit d’un trait plus fort au niveau de l’eau. Puis si nécessaire quelques ondulations sur l’eau surtout au premier plan

 

Étape 18 : L’épave
Encore combien de marées ?